Deux jours auront suffi. Nommée vendredi 16 octobre ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de la Qualification, Madiha Khayr a vu ses fonctions prendre fin avant même l’investiture du nouveau gouvernement par le Parlement. Une décision rapide que l’Exécutif a tenu à expliquer après la polémique née de la circulation d’informations à caractère judiciaire et médical la concernant.
Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement, Samir Belfkih, affirme que le dossier a été traité en urgence afin de réunir les conditions nécessaires à la poursuite du processus constitutionnel de formation du nouvel Exécutif. Le gouvernement cherche ainsi à refermer rapidement cette séquence pour recentrer le débat sur son programme et les attentes des citoyens.
Une décision partagée par la majorité
Selon Samir Belfkih, la fin des fonctions de Madiha Khayr repose sur une « appréciation politique et institutionnelle » partagée par les composantes de la coalition gouvernementale. Le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS auraient ainsi convergé sur la nécessité de prendre une décision avant la présentation du programme gouvernemental au Parlement.
Le porte-parole insiste sur la volonté commune des quatre formations de préserver la cohésion de la nouvelle majorité et de permettre à l’équipe de Fatima Ezzahra El Mansouri d’aborder son investiture sans que cette affaire ne monopolise le débat public.
Le gouvernement n’entre toutefois pas dans le détail des informations ayant circulé ces derniers jours. Il évoque uniquement des données judiciaires et médicales à caractère personnel, sans se prononcer publiquement sur leur contenu ni sur leur authenticité.
El Mansouri saisit le Roi
C’est dans ce contexte que Fatima Ezzahra El Mansouri a saisi le Roi Mohammed VI d’une demande visant à mettre fin aux fonctions de la ministre déléguée. La démarche a été engagée sur la base des prérogatives constitutionnelles de la cheffe du gouvernement, notamment celles prévues par l’article 47 de la Constitution.
Le Souverain a accepté cette demande, mettant officiellement fin aux fonctions de Madiha Khayr quelques jours seulement après sa nomination et sa prestation de serment.
Cette décision intervient dans une séquence particulièrement courte. Le nouveau gouvernement avait été nommé vendredi au Palais royal de Rabat et devait désormais entamer les dernières étapes constitutionnelles avant son entrée pleinement en fonction.
L’investiture parlementaire en ligne de mire
Pour l’Exécutif, l’urgence était précisément d’éviter que cette affaire ne perturbe cette prochaine échéance. La déclaration gouvernementale doit être présentée devant le Parlement, où la nouvelle équipe devra obtenir la confiance de la Chambre des représentants.
Samir Belfkih présente ainsi le départ de Madiha Khayr comme une décision destinée à permettre au gouvernement de poursuivre son parcours institutionnel et de se consacrer ensuite à la mise en œuvre de son programme.
Le message est également politique. Après plusieurs semaines de consultations et d’arbitrages, la majorité veut éviter qu’une controverse individuelle ne fragilise ses premiers pas ou ne détourne l’attention des engagements économiques et sociaux qu’elle s’apprête à présenter.
L’affaire constitue néanmoins un premier accroc pour le gouvernement El Mansouri, quelques heures seulement après sa constitution. Le départ d’une ministre avant même le vote de confiance du Parlement place immédiatement la nouvelle majorité face à la question du choix et de la vérification des profils appelés à exercer des responsabilités gouvernementales.


